Depuis plusieurs années, le CSMO Mines collabore à un projet de recherche de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) portant sur Les conditions d’une intégration sécuritaire et compétente des nouveaux travailleurs dans le secteur minier, en particulier par sa participation au comité de suivi de ce projet. Le projet est maintenant terminé et les deux rapports issus du projet de recherche sont disponibles depuis le début du mois de mars 2016. Vous pouvez les consulter en cliquant ici.

Le projet de recherche Les conditions d'une intégration sécuritaire et compétente des nouveaux travailleurs dans le secteur minier avait pour objectifs de documenter les conditions d’intégration des nouveaux mineurs dans cinq mines, d’identifier les principales difficultés rencontrées par les mineurs, leurs superviseurs et leurs collègues plus expérimentés ainsi que de dégager des pistes d’amélioration pour favoriser l’intégration et soutenir la transmission des savoirs entre les travailleurs expérimentés et les novices.

La recherche a mis en lumière que les conditions qui influencent le processus d’intégration des nouveaux travailleurs se situent à différents niveaux organisationnels (le collectif de travail, le département mine, l’entreprise et le secteur minier). Compte tenu de l’importante mobilité interne de la main-d’œuvre, des exigences de polyvalence, des exigences de production et de la variabilité des situations de travail, plusieurs constats doivent être pris en considération pour assurer une intégration sécuritaire et compétente des nouveaux travailleurs dans le secteur minier :

  • La formation des nouveaux travailleurs n’est pas qu’une activité ponctuelle ciblée dans le temps, elle représente une activité courante qui fait partie intégrante des opérations minières quotidiennes;
  • Un nouveau travailleur n’est pas seulement un employé nouvellement embauché, mais aussi un employé qui change de poste, une personne qui reprend le travail après une longue absence, un employé qui est "relève" sur des postes ainsi qu’un travailleur qui n’a pas travaillé au site depuis un certain temps;
  • Les postes d’entrée sont plus complexes à apprendre qu’il n’y paraît ;
  • Les conditions d’organisation de la production influencent les conditions d’apprentissage;
  • Une part très importante de la formation au métier et du soutien à l’intégration est assumée par des travailleurs expérimentés à qui on demande de transmettre leurs savoirs d’expérience. Cette activité de compagnonnage lors de la formation à la tâche se poursuit de façon informelle après la formation prévue par le dispositif d’accueil et d’intégration. Ce complément essentiel est toutefois plus ou moins reconnu dans les sites miniers;
  • La conduite des projets d’investissement peut créer des conditions qui fragilisent les dispositifs d’accueil et de formation des nouveaux travailleurs mis en place par les entreprises, avec des impacts possibles à la fois sur la santé et la sécurité des travailleurs et sur la productivité.

L’équipe de recherche s’est appuyée sur la littérature et sur la recension des pratiques mises en place dans les cinq mines participantes pour élaborer des pistes visant à soutenir l’intégration sécuritaire des nouveaux travailleurs :

  • Favoriser un meilleur arrimage entre la planification de la production et la formation;
  • Structurer le dispositif d’accueil et de formation selon une logique de progression dans l’apprentissage du métier;
  • Favoriser l’arrimage entre la SST et l’intégration des nouveaux travailleurs;
  • Reconnaître, préparer et soutenir les travailleurs expérimentés qui acceptent d’assumer le rôle de compagnons lors de la formation à la tâche;
  • Reconnaître, préparer et soutenir les superviseurs dans leur rôle d’encadrement et d’accompagnement du nouveau travailleur;
  • Considérer le début seul au poste comme une période importante d’apprentissage et qui nécessite un soutien de la supervision et de l’équipe de travail;
  • Reconnaître que la réussite des projets d’investissement dépend aussi du temps et des ressources qui seront dédiées à l’accueil et à la formation de la main-d’œuvre.

Solidement implanté au Québec depuis l980, l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) est un organisme de recherche scientifique reconnu internationalement pour la qualité de ses travaux.