L'année 2018 sonne le 10e anniversaire de l'ambitieux projet de restauration du site minier orphelin Manitou. Même s'il reste encore beaucoup de travail à faire, la faune et la flore sont revenues, au point où le site accueille même une espèce aviaire rare au Québec.

Localisée à une quinzaine de kilomètres à l'est de Val-d'Or, la mine Manitou a livré du cuivre et du zinc de 1942 à 1979. En 2003, à la suite de la faillite du dernier détenteur des droits miniers, l'État québécois s'est retrouvé avec plus de 200 hectares de terrains fortement contaminés sur les bras.

En 2006, Agnico Eagle, qui préparait le démarrage de la mine Goldex, a signé un partenariat novateur avec le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles(MERN). «À force de discussions, une idée a émergé: tu as besoin d'un parc à résidus, j'en ai un dans ma cour, je suis mal pris avec, il y aurait peut-être moyen d'arriver à une solution gagnante pour tout le monde», a fait valoir l'ingénieur Robert Lacroix, chargé de projet au MERN, dans une vidéo commémorative qu'on peut visionner au www.youtube.com/embed/m3VNWUsKc1I.

Un oiseau rare

Le recouvrement des résidus acides de Manitou avec les résidus alcalins et sans cyanure de Goldex a débuté en 2008. Comparables à du sable de plage, ces derniers ont permis de neutraliser l'acidification de l'eau et de favoriser la reprise de la végétation.

Dix ans plus tard, alors que plus de 50 % de la réhabilitation du site a été complétée, plusieurs changements ont été remarqués, et ce, aussi bien sur le site Manitou que dans la rivière Bourlamaque, dans laquelle s'écoulaient les résidus acides.

Des poissons ainsi que plusieurs organismes vivant dans le fond des cours d'eau sont revenus dans la rivière, des grenouilles, qui tolèrent très mal un environnement contaminé, peuplent à présent le site, tandis que des orignaux s'y promènent. Plusieurs espèces d'oiseaux peuvent également y être observées, dont la plus remarquable demeure sans contredit le cygne trompette, un oiseau considéré comme très rare au Québec. Il s'agirait d'ailleurs de son premier signalement en Abitibi-Témiscamingue.

Plusieurs dizaines de millions en économies

«La charge de contaminants a beaucoup diminué, a signalé M. Lacroix dans la vidéo. Sans le partenariat avec Agnico Eagle, ça aurait sans doute pris beaucoup plus de temps et, assurément, beaucoup plus d'argent. Nous estimons à plusieurs dizaines de millions de dollars les coûts que l'État québécois va économiser.»

Source : L'Éclat

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