Fini l'utilisation d'huiles hydrauliques à base de pétrole chez Eldorado Gold Lamaque. La minière utilise maintenant de l'huile de canola pour sa machinerie lourde, qui serait beaucoup moins dommageable pour l'environnement en cas de fuite sous terre.

Les équipements lourds nécessitent beaucoup d'huiles hydrauliques, notamment pour lever des charges, et il peut arriver que certains tuyaux éclatent et causent un déversement, selon le surintendant, environnement et développement durable, d'Eldorado Gold Lamaque, Joël Pagé.

« En changeant l'huile hydraulique pétrochimique en huile végétale, on atténue immensément l'impact environnemental que ces boues peuvent avoir sous terre, affirme M. Pagé. Donc, par le fait même, on garantit la qualité de la nappe phréatique environnante. »

« Avec une goutte pétrochimique, vous allez contaminer 1000 litres d'eau. L'impact de l'huile végétale, ça se biodégrade en quelques jours ».

-Joël Pagé

Plusieurs milliers de litres d'huile de canola seraient nécessaires pour satisfaire les besoins de la machinerie d'Eldorado Gold Lamaque. « Il pourrait être envisagé de se doter d'une citerne d'entreposage dédiée à l'huile de canola », avance M. Pagé.

Une inspiration pour d'autres minières?

L'entreprise ferait figure de pionnière dans l'industrie, selon M. Pagé, qui explique que les huiles végétales sont généralement utilisées de façon temporaire.

« Des compagnies de forage utilisent ces huiles lorsqu'elles travaillent dans un milieu sensible, explique-t-il. Mais chez nous, l'exception devient maintenant la règle. »

Puisque l'utilisation de cette huile par l'industrie en est à ses balbutiements, l'Association minière du Québec (AMQ) n'a pas souhaité s'exprimer sur la démarche.

Par courriel, ses représentants précisent toutefois que « tout ce qui permet la réduction de l'utilisation des énergies fossiles est bienvenu dans l'industrie ».

Joël Pagé croit quant à lui que des minières de la région pourraient être tentées de passer à l'huile de canola. « Sans aucun doute, je crois que ça va créer un essor dans les prochaines années, assurément », avance-t-il.

Nature Québec : une initiative locale positive, mais la prudence est de mise

Le directeur général de Nature Québec, Christian Simard, estime que cette démarche est bénéfique pour l'environnement à l'échelle locale. « Oui, ça peut être positif au niveau local parce qu'on remplace des huiles traditionnelles, des dérivés du pétrole, qui lorsqu'il y a des écoulements, sont fortement polluantes », affirme-t-il.

« Avant d'élargir cette pratique, il faudrait faire une analyse poussée ».

-Christian Simard, directeur général de Nature Québec

Cependant, si de plus en plus d'acteurs de l'industrie se tournaient vers ces huiles, il faudrait faire preuve de prudence, croit M. Simard.

Selon lui, l'utilisation de terres agricoles pour produire de l'énergie, dans un contexte de surpopulation, peut constituer un enjeu. « Est-ce qu'on va utiliser des champs qui servent à nourrir les gens, pour faire tourner les voitures, les machineries? » se questionne-t-il.

Un questionnement qui a émergé dans les dernières années notamment avec le développement des biocarburants dans un contexte de crise alimentaire et de course aux terres arables.

Source : ICI Abitibi-Témiscamingue

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